Le triangle d'or de la Coconnière

Visite interactive du patrimoine de la coconnière

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Le quartier du Pavement a cette chance exceptionnelle d'avoir conservé un précieux pan de l'histoire de Laval, avec cet ensemble du manoir de la Coconnière et ses dépendances, du moulin et des maisons de Tisserands. Dès le premier siècle, la voie romaine commerciale et militaire passait par l'actuelle rue du Pavement. C'est autour de cet axe que, bien plus tard, s'est constitué le village de la Coconnière sur la terre de Cocon, fils d'un seigneur de Laval au IXe siècle. Au XIIIe siècle, le ruisseau barbé prend le nom de Saint-Nicolas. Une léprocerie est fondée à l'emplacement de l'actuelle cité administrative, tandis qu'une fourche patibulaire de pendaison y démontrait la puissance de justice. A la même époque, la famille Ouvrin acquiert le manoir de la Coconnière, dont le fièvre couvre le village de Saint-Vénéran jusqu'à la rive gauche de la Mayenne. La tour Rennes, que l'on voit encore rue du Pavement, date de cette époque. En 1658, c'est après avoir acquis la Coconnière, domaine qui relevait de la Châtaigny de Polyniche, actuellement sur la commune de Forcé, que Jean de Laporte y fait bâtir un lotissement de maison pour les louer à des tissiers ou tisserands sur l'actuelle rue du Pavement. Son petit-fils sera lieutenant du roi à Québec, juste avant la prise par les Anglais. Après la révolution de 1789, le domaine vendu comme bien national sera donné en 1850 par Jacques Ruffin, prêtre, à la ville de Laval pour y créer un asile. La ville le cède peu après aux petites sœurs des pauvres, des jeunes jugants pour y accueillir vieillards et épileptiques.Les sœurs s'organisent pour nourrir les pensionnaires, culture, élevage, quête en ville et dans les fermes alentours. Elles réussissent à créer un vaste ensemble remarquable, comprenant dortoir, réfectoire et infirmerie. Elles améliorent le confort des résidents avec les chambres individuelles, salles de bain, salons, installations modernes dans les cuisines ainsi qu'un cabinet médical. Environ 5000 vieillards et indigants y seront accueillis jusqu'en 1965. Les sœurs sont aidées des pensionnaires en capacité pour la cuisine, le linge et le jardinage, ainsi que par des bénévoles. En 2025, une Lavalois se souvient avoir traversé la ville pour y servir bénévolement la soupe, quand un autre se rappelle enfant avoir vu les sœurs venir de la ferme de ses parents récupérer des dons de nourriture. En 1970, l'asile revient à l'hôpital pour une maison de retraite devenue Ehpad Jeanne-Jugand. En 2023, les bâtiments sont désinfectés et un nouvel Ehpad bâti juste à côté, qui s'appelle le Virgin de Jeanne. En 2026, le manoir sera mis en vente par le centre hospitalier.

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Moulins et Meunier. Les moulins à eau sont des témoins importants de notre histoire technologique, économique et sociale. Dès la Gaule romaine, l'énergie des cours d'eau est utilisée par des moulins à eau. Mais c'est il y a 800 ans, au XIIIe siècle, que ces machines complexes, dites aussi usines, se sont établies sur les cours d'eau du Maine, ancien nom de la Mayenne. Dès lors, les seigneurs établissent leur pouvoir sur le domaine public de l'eau. Ils attribuent les places sur les rivières et les prises d'eau pour alimenter les moulins. Les paysans, qui se nourrissent principalement de céréales, ont l'obligation, appelé le banc, de faire moudre les grains ou moulins. Les paysans doivent verser au seigneur une partie de grains moulus, la mouture ou farine. Ils doivent participer au remplacement des meules et aux corvées de services ou moulins. Le meunier se paye en prélevant 1/16 des grains apportés par les paysans, mesurés en boisseaux. Sur 16 boisseaux des grains, le meunier en reçoit un pour lui. Le meunier est un personnage respecté pour ses compétences en mécanisme et en génie hydraulique, et redouté par les paysans tard proches du seigneur. La construction d'un moulin fait appel à des montages financiers et à différents corps de métiers. Menuisiers, forgerons, tailleurs de pierre ainsi qu'aux bras des paysans. Les pièces du mécanisme doivent être régulièrement réparées ou remplacées, car soumises à l'usure du frottement, des engrenages et aux déformations dues aux crues de rivières. Si les moulins à eau servaient le plus souvent à la production de farine en grande quantité, pour répondre aux besoins d'alimentation d'une population croissante. Certains moulins avaient d'autres fonctions. Moulin à dépiquer le chanvre, pour séparer l'écorce de la tige. Moulin à tan, pour broyer les écorces de chêne ou de châtaignée, afin d'en exterre le tannin pour tanner les peaux, et rendre imputrécibles. Moulin à foulon, pour assouplir les toiles. Moulin à scier du marbre, par exemple le marbre de Saint-Berthevin. Moulin à forger le fer, propriété des maîtres des forges, actionnant de grands soufflets pour le feu et des martinets pour marteler, former les outils de travail et les faire à cheval. En Mayenne, ces moulins hydrauliques étaient implantés sur les cours d'eau de Larron, l'Ernée, l'Herbe, la Joanne, l'Orte, le Trelon, le Vicoyen. Dans le sud de la France, des moulins produisent de l'huile par pressage des olives. Le moulin était ainsi un pilier central de l'économie locale. Tout au long des siècles, le ruisseau Saint-Nicolas a fourni son énergie gratuite, de force motrice à six moulins. Ceux de Barbée, de la Grenouillère, aux deux moulins de la Coconnière, dont un encore en place, de Saint-Nicolas et de la Tisonnière. Mais ces moulins sont désormais privés de leur roue à aubes. Aux alentours de Laval, pour les journées du patrimoine, chaque troisième week-end de septembre, des moulins encore en fonction s'ouvrent au public pour des démonstrations. Pour la Meunerie et Fourapin, au moulin de Gourde, à Saint-Pierre-sur-Herbe, et au château de Thévalle, à Chéméré-le-Roi. Pour la fabrication de papier à l'ancienne, à Sainte-Suzanne. Ces trois moulins se trouvent sur la rivière de l'Herbe, à 20 minutes de Laval. Bonne visite et dégustation !

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En 1435, des reçus du palais royal à la capitale prouvent l'achat des nappes et serviettes en toile de Laval par la reine de France, Isabot de Bavière. En 1658, Jean de Laporte, homme d'affaires, qui vient d'acquérir la coconnière, y établit un lotissement de 16 maisons à escalier pour les tisserands, encore en place, trois siècles et demi après, sur notre belle rue du pavement. La même année, un règlement encadre la fabrication de la toile du lin de Laval pour contrer les marchands espagnols qui cherchent à acheter la toile de Laval sans passer par les blanchisseries lavaloises. Le lin et le chanvre sont des plantes qui se cultivaient pour le tissage depuis longtemps dans l'ouest de la France grâce à son climat tempéré. Avant d'être transformé en fil à tisser, les tiges de lin doivent subir le rouissage pour faire macérer les bottes de lin, quelques semaines au bord d'un cours d'eau calme, afin de les attendrir et permettre de séparer l'écorce de la tige centrale.Le travail est familial. Les femmes et les enfants forment le fil à partir des paquets de filas appelés poupées, tandis que souvent, c'est le père qui tisse sur le métier. Les familles tisserands ou tissiers travaillent dans des conditions pénibles, dans un atelier appelé l'ouvroir.C'est sombre pour garder l'humidité, nécessaire à souplesse du fil de lin. L'atelier est bruyant par le pédalier qui actionne la trame pour faire passer le fil avec la navette, ce qui résonne en permanence sur le métier en bois. La pièce semi-enterrée est simplement éclairée par des petites ouvertures à ras de la rue ou du jardin. L'accès au séjour se fait donc par un escalier côté rue. Au grenier, sous le toit de chaume, sont conservés les produits du jardin. Le manuscrit de 1659 du bail de Saint-Condes dit que le locataire s'engage à prendre soin du logis en bon père de famille. Une fois tissées, les toiles de lin sont exposées plusieurs jours au soleil pour les blanchir, activité réservée aux blanchisseries. Dès la fin du XVIIe siècle, les marchands les plus riches affrètent des bateaux pour le commerce autour de l'océan Atlantique. La toile est acheminée vers les actuels Mexique, Colombie, Pérou ainsi que vers le golfe de Guinée. Avec ses essors de la toile, des paysans pauvres quittent leur campagne pour les faubourgs de Laval, comme ici à la coconnière ou Saint-Vénéran. Ils travaillent pour les marchands de toile qui leur prêtent le métier à tisser. Leur font l'avance des bobines de fils et leur achètent le tissu appelé toile.Pour être vendu, la toile doit être de 100 aunes, soit 150 mètres, ce qui prend 2 mois à tisser. La puissance des marchands de toile peut se voir encore aujourd'hui, à Laval et ses environs, par leurs luxueuses habitations appelées hôtels particuliers, au style Renaissance classique ou néoclassique. Malgré cet essor, la manufacture de lin était vulnérable. En période de crise due aux mauvaises récoltes, aux guerres, aux piratages et aux tempêtes sur les mers, des familles de tisserands pouvaient se retrouver à la rue. Pour parer aux émeutes de la faim, les autorités et les riches bourgeois organisaient alors des distributions de pain. En résumé, le tissage de lin a constitué la trâne de l'économie de Laval sur plusieurs siècles. Avant la Révolution, c'est un bon tiers de la population lavalloise qui vivait de cette activité. Avant la Révolution, c'est un bon tiers de la population lavalloise qui vivait de la population lavalloise.

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